Z comme Zénitude

Qu’est-ce-que le Zen tout d’abord ? C’est une méditation assise dont le nom vient du Japon, mais dont l’origine remonterait à la posture de Siddhartha Gautama, bouddha fondateur du bouddhisme.

La méditation est une technique de concentration permettant de débarrasser l’esprit de ce qui est négatif et nuisible à la réflexion.


Dans notre société occidentale, le zen est une posture de sage qui sait rester calme en toutes circonstances. Et la zénitude est un terme récent qui fait référence à la capacité à rester zen, loin de la notion spirituelle et contemplative d’origine.


Je voulais finir avec ce mot car il m’est enseigné au quotidien par les personnes plus sages que sont nos aînés.


À part quelques rares personnes qui ont cultivé leur aigreur sur l’autel de leur histoire et n’ont cessé de se convaincre du bien-fondé de leurs rancunes, la majorité des personnes plus âgées que j’ai pu rencontrer dans ma carrière ont pris du recul par rapport aux difficultés de la vie.


Elles ont constaté le Yin et le Yang toute leur vie, et sont persuadées de leur capacité de résilience. (La résilience est la capacité, suite à un traumatisme, de se reconstruire de façon acceptable socialement.)


Elles savent en d’autres mots que quels que soient les obstacles de la vie, elles ont su rebondir et repartir. Les personnes qui ont vécu cette expérience, savent que rien ne pourra plus les atteindre après ce qu’elles ont déjà vécu. Rappelons que pour les plus âgés d’entre nous, ils ont connu la guerre, les privations et la perte d’une partie de leurs proches voire la totalité. Ces personnes n’ont eu que trop l’occasion d’expérimenter la résilience et en ont pris une certaine philosophie de la vie.


Lorsque j’étais plus jeune et que j’ai vu Jeanne Calment, elle m’a paru froide et sans émotion, lorsqu’elle racontait des moments pourtant normalement douloureux de sa vie. J’ai compris depuis qu’elle avait fait la paix avec ces parties-là et avait trouvé une certaine zénitude face à tout cela.


Le temps fait relativiser toutes choses. Et c’est là une grande leçon que nous enseignent nos anciens. Les traumatismes de la vie occasionnent des souffrances que l’on apprend à digérer pour en faire une partie de nous qui ne souffre plus. Ce n’est pas un aveu d’impuissance, mais plutôt une réconciliation avec ce qui ne peut être changé et nous rend non pas plus fort, quoique, mais surtout plus avisé et juste différent.


La zénitude ce n’est pas ne plus rien ressentir mais, tel un moine marchant sur les braises, c’est apprendre que la souffrance fait partie de la vie et qu’elle n’enlève rien à notre intégrité si on l’accepte et ne la combat plus. C’est accepter le flux et le reflux des émotions et ne pas résister contre ce qui ne peut être changé.