S comme subjectivité

Alors, je vous entends me dire : « oui, la généalogie est quelque chose de très rigoureux, structuré et on s’appuie sur des papiers officiels et une méthodologie qui nous assure une objectivité sans faille. Mais votre histoire de Mémo-Livre repose sur des personnes qui n’ont pas 20 ans et la mémoire est très subjective alors les faits là-dedans… »

Oui, c’est vrai. Mais que vaut l’histoire familiale si c’est une simple énumération de faits ?

La vie n’est pas une liste de faits.

Alors que j’observais les histoires de mes deux familles d’origine, je me disais qu’elles étaient bien complexes et que ma famille était faite d’ombres et de lumières. Mais avec mes rencontres, je me rends compte qu’il n’y a pas d’histoire simple et que toutes les familles sont complexes, et c’est ça qui en fait la richesse.

Avez-vous déjà vu une personne qui n’a pas de mauvais côtés ? Connaissez-vous une vie sans tumulte ? Oh ! Vous pouvez chercher, ça n’existe pas.

Alors, pourquoi une histoire familiale faite à partir de personnes imparfaites serait parfaite ?

Vous me direz : « mais que vient faire la subjectivité là-dedans ? »

Eh bien, je vous répondrai que si l’on veut comprendre une histoire complexe faite d’êtres imparfaits, il faut les voir par les yeux d’un humain, pas par ceux de documents impartiaux. Seule une personne avec ses propres zones d’ombre peut comprendre les subtilités d’une personnalité aux multiples facettes.

Ce que nous voulons retenir de l’histoire familiale n’est pas forcément le nom d’un aïeul mais plutôt de savoir si on a le même « foutu » caractère.

Alors oui, c’est subjectif. Mais nous sommes tous enclins à la subjectivité. Et quand on nous raconte une histoire on est déjà en train de l’interpréter. Alors, quitte à faire une interprétation de l’histoire autant que ce soit avec les vrais interprètes ! Ceux qui y étaient.


Leurs subjectivités ne seront que le reflet d’une personnalité qui s’est retrouvée face à une autre personnalité dans des circonstances spécifiques. Il n’y aura donc pas forcément les circonstances exactes ou la date précise. Mais il y aura le récit d’une rencontre entre deux êtres vrais et pleins d’émotion.

Maintenant, pour connaître l’histoire d’une famille qu’est-ce qui est vous paraît le plus subjectif : la généalogie ou le récit d’une personne ?