O comme oublier

Oublier les ancêtres au-delà de deux, voire trois générations dans le meilleur des mondes.


Oublier les anecdotes sur les anciens qui pourtant comptaient tant pour leurs proches.

Oublier la mémoire, perdue dans les méandres d’une maladie où les neurones se croisent.


C’est contre l’oubli que le généalogiste se bat au quotidien pour retrouver la trace d’une filiation bienvenue pour une nationalité ou un patronyme, pour permettre une succession au-delà de la mémoire des hommes, pour plus d’équité, pour retrouver ses origines et son histoire.

Mais l’oubli est inéluctable pour la vie de tous les jours. Il est salutaire quand on voit déjà combien notre tête est remplie en faisant du tri…

Alors que reste-t-il de notre quotidien une fois qu’il est passé ? On peut faire un journal intime, mais à relire si ça s’avère très exhaustif c’est d’un rébarbatif… On peut faire un point hebdomadaire, mensuel ou même annuel en notant les points forts de notre vie, mais ça manque de spontanéité et ça fait un peu… too much !


Pour autant, l’oubli est différent pour chacun d’entre nous. Donc si nous compilions nos mémoires il y aurait déjà plus de matière.

Pour ma part, je trouve l’histoire vue par une seule personne, bien plus riche même si elle n’est pas exhaustive. La mémoire est probablement faussée par le temps qui passe mais c’est la mémoire d’une personne telle qu’elle l’a ressentie.

Ainsi, on voit ce qui a marqué cette personne dans tout ce qu’elle a vécu, et le reste n’a donc pas d’importance pour son récit. Si vous voulez la vérité vous ne la trouverez pas ici, car chacun vit avec ses acquis et sa sensibilité, et un moment de vie ne sera donc pas ressenti de la même façon par toutes les personnes présentes.


Si l’on veut combattre l’oubli, c’est un combat perdu d’avance car on ne peut pas conserver toute sa vie en mémoire. Mais encore une fois, n’apprenons-nous pas plus d’une histoire par ce que la personne a choisi de conserver inconsciemment plutôt qu’en ayant une liste exhaustive de faits non filtrés.


L’oubli n’est donc pas le vrai combat, mais par contre le temps joue contre nous car le porteur de mémoire n’est pas une archive immatérielle, et un jour cette personne ne sera plus là. Alors oui, il y a un problème d’oubli, mais c’est celui des proches qui ne connaîtront plus la vie du défunt tel qu’il l’a vécue.


C’est l’écueil que je veux éviter avec mon concept Mémo-Livre, un livre pour une mémoire. Je propose de récolter la mémoire d’Une personne et d’en faire un tout cohérent.

Oublier n’est pas grave si c’est un choix de vie. Mais oublier la mémoire des autres…