Les métiers du textile

Cet article a été écrit à partir d'histoires de personnes de plus de 80 ans que j'ai interviewées.

n'hésitez pas à venir voir mon travail : ici



Autrefois, on n’achetait pas de vêtements tout fait dans un magasin. Il y avait beaucoup de métiers différents qui concouraient à obtenir de quoi se vêtir, même si le plus souvent les gens faisaient tout eux-mêmes pour économiser.

Je vais vous citer ici quelques-uns des vieux métiers d’antan que m’ont décris des seniors porteurs de savoir.


Le marchand de peau de lapin


Il voyageait de village en village, sonnant avec sa trompe, ou criant « peau de lapin ». Les personnes qui souvent en province avaient des poules et des lapins pour leur consommation personnelle, gardaient les peaux des lapins qu’ils lavaient pour qu’elles se tiennent. Lorsqu’elles entendaient l’appel du marchand, elles l’interpellaient depuis la rue. Le marchand lui payait en fonction du nombre de pièces et de la qualité.

Ensuite, il tannait les peaux pour en enlever tous les déchets sur la face intérieure.

Une fois prêt, il revendait les peaux aux couturières. Ces peaux servaient pour agrémenter les cols des manteaux ou pour la doublure. Ou pour faire un manteau d’enfant. La peau pouvait aussi servir pour garnir l’intérieur des sabots.




Le sabotier

Le sabotier faisait des sabots.

Il prenait des billots de bois les taillait avec l’aide de nombreux outils, tous plus spécifiques les uns que les autres. Puis, une fois la forme extérieure obtenue, il creusait l’intérieur avec d’autres instruments jusqu’à ce que le bois soit doux au toucher (pas de risque d’échardes).

Les sabots étaient ensuite agrémentés par les acheteurs, de pailles ou de peau, pour garder les pieds au chaud.


Le galochier


Après les sabots, le système s’est amélioré. La semelle de bois isolante a été conservée. Mais le dessus a été remplacé par une « tige » (partie du dessus de la chaussure) de cuir. C’étaient les galoches.

Fait souvent dans des entreprises, néanmoins des locaux en fabriquaient par eux-mêmes pour leur communauté, c’était les galochiers. L’objectif premier était d’économiser chaque pièce de cuir utilisé pour optimiser la matière première.

Plus tard, le métier s’est raréfié et les galoches se sont améliorées avec notamment une semelle de bois avec différentes parties afin de faire une semelle plus souple, articulée.

Le cordonnier

Le cordonnier faisait les chaussures lui-même à l’aide de cuirs plus ou moins épais.

En province, il faisait aussi les selles de chevaux.

Puis, le métier s’est transformé quand les chaussures prêtes à porter sont arrivées. Il n’avait alors plus qu’à vendre les chaussures faites en usine et à les réparer. Puis, la vente de chaussures est devenue un métier à part entière et le cordonnier n’a plus eu pour charge que l’entretient et la réparation des chaussures.


Le tanneur

Contrairement au marchand de peau, il ne se déplaçait pas. Il achetait les peaux en boucherie ou aux particuliers. Il salait le côté intérieur pour assouplir et râpait pour décaper. Il vendait le cuir ensuite aux professionnels du textile. Ils étaient nombreux dans le Berry et en général plus en province.


Le tailleur

C’était un nom utilisé par plusieurs professionnels, chacun confectionnait une partie du costume (gilet, pantalon, veste). C’étaient des artisans du sur-mesure, qui taillait les tissus et les assemblait pour faire un vêtement adapté au corps de son client et à son rang. En parallèle, le prêt-à-porter s’est développé dans l’industrie, permettant des produits bon marché Petit à petit, le travail est donc devenu un service réservé à une élite.


La couturière

C’était une jeune femme qui avait appris son métier en confection, et qui après, travaillait à la maison, où les gens venaient avec un modèle de leur choix pour qu’elle le réalise.

Elle travaillait autant chez le client, ou plus souvent la cliente, où elle prenait les mesures et adaptait le modèle selon les formes de la personne, que chez elle où elle s’était fait un petit atelier dans un coin.


La modiste et le chapelier


Pour les femmes comme pour les hommes, il était de coutume de porter un couvre-chef pour sortir. Et personne ne se serait permis de déroger à la règle. Pour les femmes de la campagne, un foulard faisait l’affaire pour pouvoir travailler dans les champs, mais pour les hommes et pour tout le monde pour les occasions spéciales, il fallait un chapeau. Alors, on faisait appel à une modiste pour ses dames et à un chapelier pour les messieurs.


En province, une chapelière faisait le travail dans son petit atelier pour toute sa communauté, tous sexes confondus.


La bonnetière

C’était le métier où l’on faisait tous les articles en maille, que ce soient les bonnets comme indiqués dans le nom, mais aussi les chaussons, les chaussettes, les bas, et même la lingerie du temps où elle était tricotée. Il faisait leur travail à la main ou plus tard à la machine, et les finissait de toute façon à la main.


La remailleuse

Son travail était de rattraper les mailles filées des bas, à l’époque où les bas étaient fabriqués dans une matière remaillable, comme la laine ou même le nylon dans ses débuts. Souvent, ce métier était une partie seulement du métier que pratiquait la personne pour vivre. Parfois, c’était un service proposé par une mercerie, ou un magasin de lingerie, parfois, la remmailleuse proposait son travail auprès de différentes boutiques et était payée à la pièce.


La brodeuse

Elle ornait de broderies le « retour » des nouveaux draps pour le personnaliser notamment avec les deux initiales des jeunes couples pour le trousseau. Mais aussi, elle brodait des napperons, des bords de nappes, et embellit les vêtements à la demande de ses clients.


La dentelière


Elle créait et réalisait des modèles de dentelles plus ou moins complexes pour des professionnels de la mode comme pour des particuliers pour une occasion particulière.


Avec l’arrivée du prêt-à-porter, les particuliers ont de moins en moins fait de sur-mesure et à part dans les milieux aisés, ces métiers ont disparu pour certains, ils ont pu se réinventer en rejoignant les équipes des entreprises du prêt-à-porter. Il a donc fallu de plus en plus justifier de diplômes et travailler dans des grands ateliers en périphérie des grandes villes. Il reste encore de rares ateliers individuels, dont la clientèle en plus des particuliers et des grandes enseignes, peuvent être des théâtres et autres métiers artistiques.