Le portrait de dorian gray

L’âme humaine s’expose.


Dans les livres que m’ont proposés mes professeurs de collège et lycée, j’ai pu découvrir les grands classiques de la littérature française, mais aussi plus largement européenne. Parmi ceux-ci, j’ai commencé à découvrir le goût de l’histoire que l’on regarde par le trou de la serrure avec des auteurs comme Honoré de Balzac et Emile Zola.


Tous deux ont magnifiquement brossé leur contemporain et les bouleversements de leur siècle, et nous proposent une fresque très large des mœurs d’une époque. Leur travail ne cesse de m’émerveiller.


Pour autant, c’est un petit livre bien plus modeste que ces grandes sagas qui attirent mon attention dans ma bibliothèque des grands écrivains. J’ai une petite tendresse particulière pour « le portrait de Dorian Gray » d’Oscar Wilde.

L’histoire nous décrit aussi une époque victorienne, et des personnages de la bourgeoisie dont le rapport à l’esthétisme crée un modèle.


Il se sert d’un personnage Dorian Gray pour montrer l’ambivalence entre vice et châtiment. Le jeune homme ne peut vieillir, on ne voit pas le vice au coin de ses yeux, rien ne traduit ses mauvaises actions.

En effet, un tableau à son effigie prend à sa place toutes les traces de ses exactions.


Il se sent alors autorisé à tous les débordements reliant l’esthétisme à la morale, et le crime à la culpabilité. Il ne ressent pas les effets de ses actes sur son corps et son esthétisme, le tableau semble l’absoudre de ses péchés ; mais jusqu’à quand…


Cette histoire entre dans notre esprit et avant même que d’y avoir réfléchi y laisse une impression, une sensation.

Telle une peinture impressionniste ce récit nous fait plus ressentir que voir. Il laisse l’esprit vagabonder au-delà du réel et pourtant cette proposition nous séduit. Un tableau qui prend pour nous… Et pourquoi pas ?


Cela nous pose questionnement, nous mène sur une rêverie dont les réponses ne sont pas tangibles, mais déposent un « je ne sais quoi » qui laisse à penser.


C’est un livre étrange que je mettrais pour ma part dans ces ouvrages qui font juste penser, au même titre que « peau de chagrin » d'Honoré de Balzac ou « l’écume des jours » de Boris Vian.


Ne serait-il pas temps de se replonger dedans ? Et pourquoi pas ?