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L comme Lumière

La lumière qui guide mes pas dans mes recherches pour un livre de mémoire réussi, est celle du regard du narrateur.

Lorsque j’écoute une personne me raconter son histoire, celle-ci est habitée par mille et un personnages qui partagent un coin de sa mémoire. Chacun y a son petit bout où l’anecdote est bien rangée.


Alors lorsque la personne me raconte son histoire, ce sont tous ces petits bouts de mémoires que les autres lui ont légué qui se mettent en mouvement :

On entend la guerre du père Cyril les soirs où il a le vin triste. On y trouve la mort de la petite Mimi et ses parents esseulés.

On entend la voix de la tante contente que tout le monde doive rester la semaine chez elle parce que la petite dernière est malade.

On voit la pauvre grand-mère qui doit encore travailler malgré son âge car elle est toute seule à subvenir à ses besoins.

On voit M le Comte qui compatit à la grossesse difficile de son employée et qui lui permet de se reposer au soleil dans la cour.

Ce sont autant de personnes qui cohabitent dans la tête du conteur et rendent l’histoire si vivante. Le narrateur leur prête ses mots et sa voix, mais pourtant ce sont bien eux qui parlent à travers lui.

Alors, je respecte ces personnes et je tente de les écouter tous à leur tour.

Je tente de faire revivre leurs mémoires et de leur redonner vie.

J’écoute les anecdotes et je fais de chacune d’elles le témoin d’une partie de la personnalité d’un ancien. Les anecdotes misent bout-à-bout, c’est un légo qui se construit laissant apparaître au fil des histoires un regard malicieux, un pied qui s’agite nerveusement, une coiffure bien apprêtée, un foulard sur les épaules, une canne à la main et son doux cliquetis… La personne apparaît de plus en plus nette, et il ne me reste plus qu’à relier les traits pour imaginer ce qui n’a pas été dit.

C’est une personne avec son apparence mais aussi son caractère, ses fêlures, ses bonheurs…

Elle se met tout entière à revivre dans l’esprit du narrateur et se projette dans mon esprit qui devient à son tour transmetteur de souvenir.

Alors si le travail est bien fait et que les anciens passent bien de la mémoire du narrateur jusqu’aux pages du livre, je pourrai voir la lumière dans les yeux de mon conteur. Ce petit éclat qui me dit « oui, tu as compris, ils étaient bien comme ça. » Et cette lumière est ma récompense.


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