K comme Kilomètres

Ah les kilomètres !!! Quel généalogiste n’a pas fait son lot de kilomètres pour aller consulter des archives sur place dans une petite paroisse ?

Maintenant, il y a les archives en ligne me direz-vous… C’est vrai, et cela facilite drôlement la vie ! Mais je regrette tout de même un peu la bonne odeur du vieux livre poussiéreux… Bon, mon mari allergique à la poussière des livres ne regrette pas ce temps, car il ne peut carrément pas approcher de certains ouvrages sans avoir le nez qui coule spontanément et infiniment jusqu’à ce qu’il s’éloigne de la source du problème…

Mais tout de même, je reste nostalgique des petites églises visitées avec mon père dans la campagne normande. Les curés de campagne qui nous accompagnent dans les coulisses de l’église et nous donnent accès aux œuvres originales de la paroisse. Les écritures si belles, même si elles sont parfois indéchiffrables.


Vignats petit bourg de Normandie où repose mon arrière-grand-mère paternelle

Les archives ne sont pas plus simples à lire en ligne, c’est même parfois pire si le travail de scan n’est pas parfait. Mais ce qui me manque c’est l’excuse d’aller battre la campagne qu’ont foulée nos ancêtres, et de les imaginer dans leurs métiers dans le village d’où l’on part. Vous savez comme dans ces films où les fantômes sont juste à côté d’une personne qui les ressent.

Je trouve que l’on touche du doigt le voyage temporel avec ces voyages dans les archives, sur le terrain.

J’ai un peu cette même impression lorsque je vais voir une personne qui me raconte son histoire. Les faits sont parfois si vibrants dans la voix du narrateur, que l’on croit même les percevoir. Et avec les films que l’on peut voir sur diverses régions de France ou d’ailleurs, on peut imaginer la scène dans son terroir d’origine, tant notre cerveau est chargé d’images de nos jours.

Une anecdote au milieu de la Provence et on ne se sent pas loin de Pagnol. Une anecdote chez les chtis et on croit revoir Germinal. Autant de thèmes qui nous raccrochent au récit de la narration.

Mon esprit circule alors à travers les kilomètres à une vitesse éclair et le temps est lui aussi comme effacé.

Enfin, le voyage à travers les mots c’est autant de kilomètres parcourus. Si l’on considère les ouvrages que j’ai déjà écrits, j’avoisine les 63000 mots (une broutille je l’avoue). Si l’on s’amuse à imaginer un mot pour un mètre, j’ai donc déjà fait 63 km environ. Soit la distance approximative de Paris à Moret sur Loing. Alors qu’à cela ne tienne, à partir de ce jour, les livres s’accumuleront en mètres supplémentaires et plût aux cieux que mon voyage m’emmène loin, mon imagination est prête à suivre !