J comme Jeanne

Dans la généalogie on passe son temps à manipuler les noms de famille.

Notre société est patriarcale et le nom est classiquement celui du père même si cela a changé depuis la dernière génération pour le bien de l’égalité homme-femme mais pas pour celui des généalogistes à venir…

Mon nom à moi est JEANNE. Issu de l’assistance publique comme beaucoup de patronymes en forme de prénom, il n’est pas toujours facile à porter car confondable avec le prénom lui-même. Je suis la dernière de ma branche à le porter puisque mon père avait deux sœurs et deux demi-frères (donc de noms différents).


Ce nom, même si je l’ai porté toute ma vie, je n’y étais attaché que par habitude et par mon lien familial plus prenant qu’avec celui de mon conjoint. Comme je ne me suis pas mariée, la question ne s’est pas posée sur la conservation de mon nom.

Par ailleurs, mon père avait perdu son père lorsqu’il avait 3 ans et sa mère avait coupé les ponts avec la famille JEANNE depuis bien longtemps. De même, mon père a lui-même coupé le lien avec sa famille. La famille JEANNE au sens large du terme était donc plutôt peu connue pour moi et je n’y étais donc que peu attachée.

Le hasard… Non… Ce qui devait arriver… Je ne suis pas à ce point fataliste… Juste ce qui est.


Alors que mon lien avec mon nom s’était éteint avec mon père en mai 2017, en septembre 2018 une personne me contacte par généanet pour me dire que mon père est son cousin… Il s’agit de la famille paternelle de mon père, qu’il n’aura jamais revu. Trop tard, hélas… Mais pour moi qui viens d’écrire les mémoires de ma grand-mère maternelle et qui est en train de faire celle de ma belle-mère, c’est un clin d’œil que me fait le « destin ». Alors je décide d’y répondre et me voilà rencontrant la famille JEANNE, ma famille qui m’est inconnue !


Et je découvre une part de l’histoire de ma famille que je ne connaissais pas.

Émouvant ! Mais aussi perturbant ! Que faire de ce que je viens d’apprendre ? Quelle était cette part de ma famille ?

Mon grand-père JEANNE mort à 26 ans à cause d’un chauffard.

Je décide donc que cela ne peut rester lettre morte, et je transforme ce hasard pour partir à la recherche des mémoires de mon père. Me voilà donc avec mon bâton de pèlerin à la rencontre de tous ceux qui l’ont connu. Le travail n’est pas simple et les sources multiples ne vont pas en faciliter la rédaction. Mais je mets mes pas dans ceux de mon défunt père comme lorsqu’il me faisait danser en montant sur ses pieds, et on verra ce qui arrivera…

Merci à ma grande cousine pour cette belle aventure riche en émotions !