Comment faisait-on la lessive autrefois ?

Autrefois, tout comme aujourd’hui, on lavait son linge mais tout était lavé à la main et impeccablement repassé. Il n’y avait pas de machine à laver, pas de lessive industrielle, pas de centrale vapeur. De plus, le linge était fait de matières plus lourdes et plus rigides, comme le gros coton qui constituait les draps. Comment faisaient nos anciens ?

Chaque personne de la société avait son rôle à jouer et ce sont les femmes qui étaient chargées de l’entretien de la maison, et donc du linge. Cela comprenait les vêtements des membres de la famille ceux de tous les jours ou pour une occasion spéciale (comme le costume et la chemise pour les hommes de la ville, les sur-blouses pour les ménagères, les langes en tissu pour les bébés, les serviettes périodiques en tissu pour les femmes...) et le linge de maison.


Pour obtenir une propreté parfaite, sans machine à laver, il fallait utiliser l’huile de coude. Mais il fallait aussi faire bouillir le linge, ce qui était plus facile qu’aujourd’hui car les textiles plus grossiers étaient, de fait, plus résistants aux hautes températures et autre brossage intensif.


Les ustensiles pour la lessive jusqu’aux années 60

Image prêtée par https://lesamisduvieuxlançon.fr

Pour faire bouillir le linge, on utilisait une lessiveuse posée sur un coin de la cuisinière. L’eau bouillante remontait par un tuyau central, et était ainsi envoyée sur le linge sous forme de jet, en forme de champignon. Il fallait alors tourner le linge régulièrement afin que la température reste homogène et que tout le linge trempe, tout en faisant attention aux projections pour ne pas se brûler.



Ensuite, on transférait le linge dans un baquet à l’aide d’une pince en bois. Puis on frottait chaque pièce de linge sur une planche à l‘aide d’une brosse en chiendent.


Une fois propre, on le rinçait à l’eau claire dans le baquet.


Pour finir, on essorait chaque vêtement à la main, avant de l’étendre si possible au soleil ou sinon en intérieur sur un fil, par exemple au grenier ou au dernier étage dans les immeubles. Pour essorer les draps et les nappes, il fallait être à deux pour les tordre.


À la campagne


Dans les campagnes, où il n‘y avait bien souvent pas l’eau courante, ce travail se faisait directement à la rivière.

On partait avec une brouette où l’on entassait le linge.

Les lavandières, by Daniel Ridgway Knight (1839-1924), Vers 1898, via Wikimedia Commons

On emportait aussi ce que l’on nommait un carrosse, sorte de boîte de bois dans laquelle la lavandière s’agenouillait pour ne pas mouiller sa robe et au fond duquel elle pouvait mettre de la paille ou toute chose propre à lui protéger les genoux. Elle frottait ainsi le linge sur la planche posée devant elle dans l’eau froide par tous les temps.

Puis, il y avait la brosse et le savon de Marseille, les compagnons indispensables, avec lesquels on lavait aussi bien le linge que la maison.

Une fois le linge lavé, rincé, et essoré, la ménagère le reposait dans la brouette avec son matériel et remontait la rive pour rentrer chez elle. La brouette était alors beaucoup plus lourde avec le linge mouillé et les abords de rivières n’étaient que rarement aménagés. Il ne restait plus qu’à l’étendre pour qu’il sèche.


Et le repassage !


On ne se contentait pas de laver le linge, il fallait aussi le repasser. Il n’y avait encore que peu de fer à repasser électrique, mais un fer à repasser en fonte, lourd, massif, de forme triangulaire que l’on posait sur le poêle ou la cuisinière pour le faire chauffer. On le prenait avec une manique ou une pièce de tissu pour pouvoir le faire « glisser » sur le vêtement ou le drap. Il n’était nullement question de mettre de la vapeur. Mais on gardait à portée de main un bol d’eau, où l’on trempait sa main pour faire couler des gouttes sur le tissu avant le passage du fer. Si l’on voulait un linge impeccable, comme les chemises ou les vêtements du dimanche, on utilisait une « patte-mouille » (un bout de tissu mouillé que l’on posait directement sur le linge avant de le repasser). Enfin pour les cols et les poignets de chemise qui devaient être bien raides, on trempait la patte-mouille dans un bol d’eau amidonnée.


Les temps modernes


Suite au progrès technologique, les outils ont rapidement évolué : d’abord l’essoreuse, qui, posée au bord du baquet permettait de passer le linge entre deux rouleaux grâce à une manivelle, afin de retirer le plus gros de l’eau dans le linge. Puis, les premières machines à laver manuelles, où le linge était tourné entre des rouleaux grâce à une manivelle, là encore. Et enfin, la machine à laver électrique ainsi que le fer à repasser électrique qui ont été inventés dans la fin du XIXe et début XXe, mais ne se sont vraiment démocratisés qu’avec l’électricité dans les années 60.


Les métiers autour de la lessive

Il y avait alors de nombreux métiers autour de cette activité. Ainsi, une personne s’occupait des lavoirs en ville, où les ménagères apportaient leur linge la veille, pour qu’elle le fasse bouillir dans de grandes marmites, sur un grand poêle. Et puis il y avait les blanchisseuses qui faisaient les lessives pour les commerçants ou dans les maisons bourgeoises.


Les repasseuses travaillaient également pour ceux qui n’avaient pas le temps ou préféraient déléguer. Elles disposaient du fer standard, mais aussi d’un fer à tuyauter qui ressemblait au fer à lisser les cheveux actuel. En forme de pince, il servait à mettre en forme les dentelles, ou les coiffes des religieuses par exemple. Elles utilisaient aussi le fer à glacer, pour lustrer les plastrons des hommes par exemple. Il y en avait de différentes tailles.

Avec l’arrivée de la machine à laver, ces métiers ont disparu ou se sont réinventés. Dans leur maison, les femmes ont pu passer beaucoup moins de temps pour faire les lessives ce qui a participé aussi à leur émancipation.


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