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"On ne peut donner que deux choses à ses enfants : des racines et des ailes."

Proverbe juif

 

la famille

J'ai toujours porté beaucoup d'importance à la famille et aux liens familiaux. J'étais fille unique et la maison paraissait bien triste avec notre seul petit trio. Mais j'ai eu la chance de grandir dans une famille nombreuse au niveau de mes oncles et tantes, et cela a toujours été un grand bonheur d'aller au traditionnel jour de l'an familial. La soirée était bercée de chansons, de rires, et nous nous retrouvions tous autour de papy et mamie. 

J'ai aussi eu la chance de connaître mon arrière-grand-mère que nous appelions affectueusement mémère. J'ai pu partager un bon bout de chemin avec elle, même si ça n'était qu'à de rares rencontres chez mes grands-parents. J'ai pu apprendre à la connaître avec son petit caractère, son bel accent et ses interminables bavardages où elle nous parlait du temps jadis.

Mais hélas, je n'ai pas eu l'occasion d'en retenir grand-chose.

la généalogie

Pour les férus de généalogie, il n'est pas utile de décrire le plaisir que l'on a à retrouver un ancêtre avec son métier, sa signature, et tout ce qui peut nous aider à imaginer son histoire. C'est une véritable enquête pour retrouver dans les archives le document qui saura nous faire avancer d'une génération de plus.

Il y a aussi le plaisir d'aller sur place, dans les mairies ou les églises pour manipuler avec précaution les documents anciens et leurs trésors.

J'ai comme beaucoup commencé par les plus proches pour remonter en comptant avidement le nombre de générations atteint.

Et puis, un jour, je raconte mes trouvailles à ma grand-mère et celle-ci me raconte ce qu'elle sait sur l'ancêtre que je viens de lui citer. Je me rends alors compte qu'il y a dans cette petite bonne femme un fond d'archives très conséquent que je n'avais pas pris en compte jusque-là...

Alors, ce jour-là, j'ai repris depuis le début :

Mon histoire commence avec ma mamie qui me racontait souvent des histoires sur son enfance, ses parents ou ses grands-parents. Je l'écoutais toujours avec plaisir.

Mais j'ai vite réalisé que je n'arriverais jamais à me souvenir de tout et que ses histoires disparaîtraient avec elle.

Alors, comme je l'avais fait dans mon travail auprès des personnes âgées, je me suis dit que je pourrais les écrire. 

Ma grand-mère était ravie de ce projet, et à chacune de nos rencontres elle me racontait de nouvelles histoires, et de nouveaux personnages apparaissaient.

C'est parce qu'il y avait tant de choses à dire dans tant de domaines différents, que j'ai décidé d'en faire un roman, afin de relier toutes les personnes entre elles dans un tout cohérent. Je suis restée la plus fidèle possible à son récit pour ne pas le travestir.

Ce fut une merveilleuse aventure et ma récompense fut de voir son sourire à la remise du livre.

Et vous que faites-vous pour préserver la mémoire familiale de vos proches ?

des anecdotes à l'histoire d'une famille

La difficulté lorsque l'on veut rester proche du récit d'un narrateur, c'est de conserver le ressenti que l'on a eu lors des entretiens. Il n'y a pas que les mots dans un récit il y a aussi les intonations, les mimiques, l'accent... L'ensemble de ces éléments ne peuvent pas être conservé si l'on retranscrit mot à mot ce qui a été dit. Les anecdotes seront là, mais on ne verra pas la personne qui les raconte.

  1. Le phrasé du narrateur : si l'on ajoute des nuances d'écriture comme des mots tronqués, des apostrophes, des mots de patois... On entendra le narrateur parler, mais on ne verra pas encore clairement les membres de la famille. 

  2. Des personnages plus vivants : si l'on relie les anecdotes qui concernent une même personne on aura une idée plus juste de qui est cette personne, ses erreurs, ses douleurs, ses joies, tout ce qui fait la vie de ce personnage de l'histoire. Mais l'unité familiale n'est pas encore créée.

  3. Maintenant, si on relit les faits dans l'ordre chronologique en gardant l'unité des personnages et le phrasé du narrateur, on a une histoire qui fait sens et qui rend compte d'une époque et de personnages au sein d'une famille.

  4. Le lien avec le narrateur : il ne reste plus qu'à y ajouter ce subtil ressenti de fierté, de rancœur, d'amour infini que nous transmet le narrateur lorsqu'il parle d'untel ou unetelle. Le choix des adjectifs permet de rendre compte de la subtilité du caractère des personnes citées et de leurs liens entre elles, ainsi qu'avec le narrateur. C'est une unité familiale qui se dessine et rend compte d'une humanité au-delà des mots.

On peut écrire des anecdotes, mais l'histoire d'une famille va au-delà. Mon objectif est de rendre compte de la mémoire d'une personne sous forme d'une saga familiale riche de personnes dont on se sentira plus proche.

un extrait du phrasé de ma grand-mère

Ma grand-mère venait des bords de Loire et avait étudié jusqu'au certificat d'étude. Elle avait travaillé dans des fermes. Mon grand-père, lui, venait de la région de Chartres et ses parents avaient un peu de terre et le père était plombier-zingueur.

Je ne sais si c'est de sa région d'origine où de celle de son mari que ma grand-mère à tiré son accent, mais c'est probablement un peu des deux.

Lorsque j'ai voulu reprendre des parties entières de nos conversations pour mettre dans le livre de ses mémoires, j'ai souhaité retrouver le phrasé si particulier que j'entendais tout au long de nos rencontres, afin que vive dans son livre son accent.

Ce fut long et laborieux pour trouver comment rendre compte des contractions de mots et des prononciations parfois particulières.

 

En voilà un court extrait :  

"Un jour maman elle dit “ça m’embête t’as un Allemand qui vient, qui descend d’vélo, qui s’assit sur la pierre et puis qui reste là des fois une heure, une heure et demi.” Papa il dit “ben faut ptêt que, j’vas lui d’mander gentiment c’qu’il veut.”Puis au bout d'deux trois fois, on s’renseignait à droite à gauche si à l’entrée de toutes les fermes y avait un Allemand. Cyrille en passant, il a été l’trouver et puis y a demandé dans son jargon genre causant, pourquoi qu’il faisait ça. Il dit “Oh ! vous allez pas m’empêcher d’m’assoir sur la pierre quand même !”

“ben non, mais j’voudrais bien savoir pourquoi qu’vous v’nez.”“ben vous avez une petite fille là qu’est à peu près d’l’âge de la mienne.”Alors il v’nait r’garder Nicole jouer sur l’tas d’sable. "

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